L'Eclairage du Boulevard Périphérique de Paris
 
Le boulevard périphérique construit entre 1956 et le 25 avril 1973 est un anneau long de 35 km, soit environ 1,4 million de m² de chaussée à éclairer. Ainsi 38490 sources lumineuses (soit ~ 1100 par km) sont installées sur des candélabres, des appliques ou en galeries d’éclairage. La mise en place de l’ensemble de cet éclairage ainsi que son entretien était assuré par le Service de L’Eclairage Public (SEP) jusqu’en 1991.

Il fut donc créé 7 postes de réseau équipés de 2 transformateurs triphasés 20 kV/3 kV d’une puissance de 630 kVA chacun (soit une puissance installée de 8,8 MVA), alimentés par 2 câbles 20 kV distincts sans permutation. Issus de chacun des 2 transformateurs une structure à deux câbles 3 kV, canalisée sur le terre plein central, alimentait en double dérivation 47 sous-postes équipés à leur tour 2 transformateurs abaissant la tension à 220/380 Volts, soit en moyenne 7 sous-postes alimentés par un poste 20 kV. Les fins de lignes du réseau 3 kV aboutissaient dans des cellules à interrupteurs rotatifs, permettant la reprise des tronçons sains en cas d’incident.
De plus un relais « présence tension » en fin de ligne donnait, via un câble de 30 paires de télétransmission passant de poste en poste, la situation en temps réel visualisée par un tableau synoptique installé à la base d’exploitation Nord du SEP. Ce réseau haute et basse tension, offrait des solutions de dépannage rapide dans presque tous les cas de figures possibles. Les câbles qui alimentaient les foyers lumineux étaient mis sous tension dans les sous-postes à l’aide de contacteurs à accrochage mécanique, l’allumage et l’extinction étaient réalisés par un relais Pulsadis 175 Hz excité depuis les postes-sources 225/20 kV. Le contrôle de chaque sous-poste était réalisé par des relais, informant le tableau synoptique d’une fusion ou d’un dysfonctionnement.
Au fil des années, la demande toujours plus importante d'implantation de supports d'éclairage public et le vieillissement des canalisations 3kV enterrées dans le terre-plein central, et ce malgré le remplacement des lampes moins gourmandes en énergie (pose de lampes au sodium haute pression qui consomment moins) ont rendus obsolètes certaines installations qui ont été rénovées pour faire face à un nouveau défi et une sécurisation accrue du système d'éclairage.
Notamment, le réseau 3 kV générant des dépannages de plus en plus fréquents et complexes, a complètement disparu de nos jours. Les postes d’éclairage public sont maintenant directement alimentés par deux câbles 20 kV avec permutation automatique. Cette solution, limite les dysfonctionnements et les chutes de tension sont revenues dans des valeurs acceptables.

Quelques particularités :
  • Les chaussées couvertes ont leur régime particulier de mise en lumière : (circuit nuit, jour et plein soleil). Pourquoi le plein  soleil me direz-vous ? Quand vous rentrez dans un souterrain ou une chaussée couverte relativement long avec le soleil de face, vous avez la sensation du trou noir, donc une cellule photoélectrique veille à l’ensoleillement et provoque l’allumage de ce circuit créant, de ce fait, un surcroît de lumière qui diminue cet effet.
  • Le périphérique est doté d'un système de réchauffement des chaussées aux échangeurs en plein hiver à la Porte de la Chapelle,Porte d'Italie et Porte de Bercy.
  • Le taux de gaz d’échappement dans les chaussées couvertes sont surveillés en permanence afin de les évacuer à l’aide
    d'énormes aérateurs.
  • On peut réalimenter, à partir des postes du boulevard Périphérique, une partie de l’éclairage du Bois de Boulogne en cas de
    défaillance de son alimentation.
  • Les voies proches du périphérique, qui n'étaient pas canalisées, avaient leurs points lumineux alimentés par les postes du
    boulevard périphérique.
  • Le réseau 3 kV destiné à l’éclairage, a alimenté en énergie pendant plusieurs années deux pompes à essence situées à la porte
    d’Aubervilliers. Elles étaient équipées aussi de groupes électrogènes.

Sylvain Paquet

Les travaux de nuit sur le Périphérique

Les travaux du premier tronçon du boulevard périphérique commencèrent en 1956 dans la partie sud de Paris, sur le tracé des anciennes fortifications, afin de créer un débouché à l'autoroute du sud.

En ce qui concerne la maintenance de l'éclairage public, le périphérique entrait dans le contrat liant EDF à la Ville de Paris. Les interventions se faisaient les premiers temps en journée, en neutralisant une file de circulation avec un barrage et des cônes. A la fin des années 60, et devant l’augmentation du trafic routier, les travaux se sont réalisés de nuit avec un barrage total de la voie rapide dans un sens de circulation, ainsi que des accès sur 1/3 du tronçon soit environs 15 kms, cette activité étant confiée aux équipes du SEP. Cela nécessita des moyens importants en personnel, véhicules et matériel de balisage. 9 agents pour la pose des panneaux de pré-signalisation et des cônes sur 400m sous protection policière, et 3 agents pour la fermeture des accès aux portes avec un fourgon et 2 motards de la PP en accompagnement. Cette activité cessa au bout de quelques années et fut reprise par la Ville de Paris.

Une fois le barrage effectué et après avoir reçu un PV d’accès, les interventions pouvaient commencer vers 23 heures jusqu’à 5 heures le matin.
Les journées de travail des agents désignés pour cette mission au début étaient très longues, hors normes et impensables aujourd’hui : prise du service le matin à 7h30 et fin le lendemain à 12h. Bien sûr, ces équipes étaient affectées en journée à des taches de dépannage dans les rues des Paris en attendant la nuit et après celle-ci! Quelques années plus tard, devant la fatigue des agents, et pour se mettre en accord avec la législation du travail, les horaires furent modifiés: prise de service à 7h30 jusqu'à 7h le lendemain matin, repos jusqu'à 12h30 et reprise du travail l'après midi ou non, au choix de l'agent.

Une fois sur le périphérique, les missions des équipes du SEP étaient séparées en deux activités, l’une étant les travaux hors sol et l’autre les travaux cana (câbles enterrés). Un chargé d’exploitation étant désigné pour chapeauter ces deux groupes.
Le hors sol ou ‘exploitation’ avait comme mission le dépannage des candélabres, des appareils d'éclairage dans les souterrains et autres panneaux de signalisation éclairés. Tout les 2 ans s'ajoutait le remplacement systématique des 5000 lampes réparties sur les 35 km de l'ouvrage à cause de la baisse du flux lumineux. Le périphérique fût d'abord éclairé en blanc (fluo mercure) puis passa en jaune (vapeur de sodium).

L'équipe cana (au moins 3 agents) se consacrait aux recherches de défauts sur les câbles BTA et HTA. Ce personnel EDF-SEP recevait le soutien des entreprises privées pour les travaux de terrassement, maçonnerie et tirage de câbles.
Si vous ajoutiez les agents de nettoyage de la ville de Paris, vous aviez une véritable petite armée en activité les nuits de fermeture.

Jean Jacques le Moëllic
Alain Le Bronnec
Go to top