Fernand JACOPOZZI, Le magicien de la lumière

Né à Florence le 12 septembre 1877, aîné de 11 enfants, il arriva à Paris en 1900 et travailla d'abord modestement en décorant des vitrines à l'occasion des fêtes de Noël, puis lui vint l'idée de remplacer la peinture par des ampoules électriques et c'est ainsi que commença l'histoire du "Magicien de la lumière".
Il commença à se faire remarquer par l'éclairage extérieur et intérieur des premiers salons de l'Automobile de 1902 et 1907 au Grand Palais. Son premier fait d'armes a été de créer en 1918 un faux Paris en banlieue à partir de lumières, pour leurrer les bombardiers allemands. Il reçu la légion d'honneur pour ce travail à la fin du conflit.

Ce qui fit vraiment connaître au grand public Fernand Jacopozzi fut l'éclairage de la Tour Eiffel pour l'exposition des Arts Déco de 1925. Ce projet lui tenait particulièrement à cœur! Après avoir  convaincu les héritiers de la Tour Eiffel, la commission des Beaux-arts et le comité de l'exposition, il fit le siège d'André Citroën qui donna son accord. Ainsi fut créée la première publicité lumineuse. Il ne lui restait que deux mois pour installer les 250 000 ampoules incandescentes de 6 couleurs différentes sur des armatures dans le style Art Déco. Ce pari fou donna à Paris ses lettres de noblesse dans le monde entier.

Commencèrent alors pour lui les années lumières, il transforma le Paris nocturne en 10 ans. La mairie lui confia l'éclairage de tous les monuments historiques de la capitale qui étaient alors plongés dans le noir. Il inventa à cette occasion l'éclairage indirect copié ensuite par les américains.
Pour l'exposition coloniale de 1931 dans le bois de Vincennes, on lui confia la mise en lumière du temple d'Angkor Vat, les fontaines lumineuses, la section Italienne…
Hélas, il ne pût malheureusement pas mener tout ses projets à leur terme, il mourut brutalement d'un cancer en février 1932 à 54 ans. Fernand Jacopozzi fût un  pionnier et le premier concepteur lumière.

Fernand JACOPOZZI et le temple d'Angkor
A l'exposition coloniale de 1931 dans le bois de Vincennes

En 1931, Fernand Jacopozzi ne se doutait pas qu'il lui restait qu'un an à vivre. Dans la foulée de ses succès de mise en lumière des monuments de Paris, à 53 ans, on lui confit l'éclairage de plusieurs pavillons et fontaines de l'exposition coloniale et le clou de cette manifestation, la mise en lumière de la réplique à l'échelle 1 du temple d'ANGKOR, réalisé en grande partie en plâtre, chanvre et ciment . Sa longueur de 250m sur 55m de large ( une prouesse technique) qui sitôt les portes de l'exposition fermées, sera livré aux intempéries et fondra rapidement sous les pluies. En six mois l'exposition accueillera 33 490 000 visiteurs!

Le temple d'ANGKOR est magnifiquement mis en relief le soir par les éclairages de Jacopozzi. Les 5 tours surplombant le monument sont éclairées par 32 projecteurs de 1000 watts Les façades des cours intérieures sont éclairées par 80 projecteurs de 1000 watts, les façades extérieures par 30 projecteurs dont 16 de grande ouverture.

Sur les toits ont a placé 4 grands projecteurs à arcs de 150 ampères chacun, formant 4 faisceaux très concentrés en forme d'éventail; ces appareils sont alimentés en courant continu par une commutatrice.

Les projecteurs sont dissimulés dans la journée par de grandes trappes. Ils donnent par l'interposition de filtres, des colorations vertes, blanches, rouges et jaunes d'un effet superbe. La puissance totale installée est de 142 kilowatts, les lampes sont des incandescentes.

Fernand JACOPOZZI et la Place de Concorde

Parmi les réalisations de mise en lumière des monuments de parisiens en 1930, il y avait bien entendu la place de la Concorde. Comme pour ses autres projets, il posa ses projecteurs directement sur l'édifice (Photo1). A noter que les façades de la place étaient non ravallée et bien noires à l'époque. Dans les années 1960, son concept fut abandonné (manque d'entretien?) et les projecteurs furent positionnés, sous la forme de lampes PAR, dans le dôme des lanternes de l'éclairage public. Plus discret, plus pratique pour l'entretien mais un conséquence, toutes les parties hautes des monuments passèrent dans la pénombre (photo 2).

L'hôtel Crillon faisant partie de l'ensemble des monuents de la place, il n'échapa pas à la règle (photo 3).

Il est probable que l'éclairagiste mandaté par les propriétaires de cet hôtel s'est inspirer pour reprendre le concept de Fernand JACOPOZZI, avec du matériele moderne et plus performant ! Reste maintenant à faire le reste des monuents de cette place...(photo 4).

Extraits de la biographie de Fernand JACOPOZZI, écrite par sa petite fille. Textes complétés par JJ. LE MOELLIC

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