Développement de l'Electricité à Paris
 
En 1878 une nouvelle énergie apparaît : une petite usine assure temporairement l’éclairage électrique de l’avenue de l’Opéra avec des bougies JABBLOCHKOFF .
 
Quelques installations privées, de magasins ou de théâtres, assurent leur propre production. Une usine au Palais Royal, une autre au Faubourg Montmartre, ont un réseau composé de canalisations passant sur les toits des immeubles.
 
Des applications d’éclairage: Place du Carrousel en 1881, du Parc Monceau en 1882, de l’Hôtel de Ville en 1883, du Parc des Buttes Chaumont en 1884, confirment les débuts d’une production industrielle de courant électrique. L’incendie de l’Opéra Comique en 1887, éclairé au gaz, a pour conséquence d’interdire ce mode d’éclairage dans les salles de spectacles.
 
En 1888, le Conseil Municipal de PARIS, avec la perspective de l’Exposition Universelle de 1889 et sous la pression de l’opinion publique, décide la création d’un réseau de distribution d’électricité.

1889-1907 : Les six premiers secteurs électriques à Paris

L’organisation retenue consiste à diviser PARIS en parties désignées sous le nom de secteurs. Les « secteurs électriques parisiens » prennent naissance, et c’est à cette époque que remontent les concessions successivement accordées par la Ville à six sociétés qui ont assuré l’exploitation de l’électricité jusqu’en 1908, date à laquelle la concession est confiée à l’Union des Secteurs (la ville exploitant de son côté un réseau dans le quartier des Halles).
 
Dans chaque secteur, le type de distribution était différent :
 
  • Cie CONTINENTALE EDISON : courant continu à 2 x 110V, distribué par feeders 3 fils.
  • Sté d’ECLAIRAGE ET DE FORCE PAR L’ELECTRICITE A PARIS : Courant continu 110V 2 fils.
  • Cie VICTOR POPP(ultérieurement Cie PARISIENNE DE L’AIR COMPRIME): courant continu 4x110V par réseau 5 fils.
  • Sté d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA PLACE CLICHY : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.
  • Sté CHARLES MILDE FILS ET Cie (ultérieurement Cie d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DES CHAMPS- ELYSEES) : courant alternatif à haute tension (3000V), abaissée à 110V par un transformateur dans chaque immeuble.
  • Cie ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA RIVE GAUCHE : mêmes caractéristiques que le secteur des CHAMPS ELYSEES.
 
Chacun des concessionnaires produit l’énergie consommée dans sa zone, dans de nombreuses stations génératrices : une douzaine de petites usines et la centrale de Jemmapes à l’intérieur de Paris, les centrales de Levallois, Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis et Saint-Ouen à l’extérieur.

Le regroupement par la CPDE et les zones de réseaux

En 1907, à l’expiration des concessions, une convention municipale assure le rassemblement des distributions (l’Union des Secteurs) dans le but de préparer la création d’un organisme unique, la Compagnie Parisienne de Distribution d’Électricité (C.P.D.E.) à la fin de 1913.

Le 31décembre 1913, la distribution d’électricité est confiée par la Ville à la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité(CPDE), jusqu’à la nationalisation.
Les réseaux de distribution établis par les premiers secteurs se modifient conformément au programme technique imposé par le concessionnaire :
  •  Production du courant primaire par deux centrales :l’usine Nord à SAINT-OUEN, l’usine Sud à Issy-les-Moulineaux (courant diphasé12300V - 42 périodes).
  •  Distribution par sous-stations et centres de couplages,

 Trois zones sont retenues pour réduire les anciens systèmes :

  •  Une zone à courant continu cinq fils et trois fils, La distribution en continu est maintenue dans le centre de Paris, car elle est bien adaptée à la densité de puissance et aux besoins de force motrice, et le côut de transformation en alternatif des équipements existants a été jugé prohibitif.
  •   Une zone à courant alternatif monophasé 3 kV,
  •  Création d’une zone à courant alternatif diphasé 5 fils. Dans le Nord et l’Est de Paris, jusque la peu électrifiés, un réseau alternatif diphasé est construit. Ce R.Z.D., réseau de la zone diphasée, conserve la notion de maillage Basse Tension, déjà existante pour le continu, et qui sera ensuite généralisée à l’ensemble des futurs réseaux de Paris.

La CPDE met en service à la même époque 2 usines de production situées à l’extérieur de Paris, à Saint Ouen et à Issy les Moulineaux, qui produisent du courant alternatif diphasé 12500 volts à 42 périodes.
 
Les câbles qui sortent des ces 2 usines alimentent des sous-stations qui ont pour but de transformer la tension et le type de courant afin de les rendre conformes à ce qui était distribué dans les différents secteurs de Paris.  Plus d'information sur les centrales .....
 
Ainsi 20 sous-stations de 3 types d'équipements différents vont voirent le jour :
  •  Les sous-stations pour courant continu équipées avec des convertisseurs rotatifs (commutatrices ou groupes comportant un moteur synchrone ou asynchrone et une génératrice à courant continu). Ce sont les sites de Trudaine, Bergère et Bondy pour le secteur continu 3 fils et les sites de Puteaux, Pasquier, Saint Roch, Mauconseil, Sévigné, Voltaire et Saint Antoine pour le secteur continu 5 fils.
  •  Les sous-stations pour courant alternatif 3000 volts équipées de transformateurs statiques monophasés abaissant la tension de 12500 à 3000 volts, tension correspondant à la tension distribuée dans les secteurs des Champs Elysées et de la Rive Gauche. Ce sont les sites de Gobelins, Sèvres, Muette et Ternes.
  •  Les centres de couplage ou de répartition pour la nouvelle zone non encore desservie située au nord et à l’est de la ville qui ne réalisent aucune transformation du courant mais d’où partent des câbles en 12500 volts qui alimentent des postes de transformation disséminés dans cette zone et desservant eux-mêmes un réseau basse tension 4x110 volts alternatif diphasé. Ce sont les sites de Doudeauville, Laumière, Ménilmontant, Charonne et Daumesnil.

Même si certains de ces sites ont fermé dans les années 1960 avec l’extinction du courant continu, d’autres ont fonctionné jusque dans les années 1990 et rappellerons beaucoup de souvenirs à ceux d’entre nous qui ont œuvré dans ces bâtiments souvent en service continu 24 heures/24 à entretenir les installations ou à exécuter des manœuvres dans ces sites qui n’ont été télécommandés que dans les années 1980. Maintenant la plupart de ces bâtiments sont ou vont être rendus à la Ville de Paris conformément au traité de concession qui expire le 31 décembre 2009.

D’importantes décisions sont prises de 1918 à 1930 :
  •  Passage de la fréquence 42 à 50Hz (réalisé de 1925 à 1928)
  • Arrêt du courant continu par création de postes d’immeubles et d’un réseau alternatif basse-tension, le Réseau Alternatif Complémentaire (RAC)
  • Raccordement au réseau d’interconnexion général.

La transition vers les réseaux triphasés

La succession des divers réseaux est schématisée dans le graphique ci dessous, avec le temps en abscisse et la couverture géographique de Paris en ordonnée.
 
Le réseau continu est progressivement remplacé par un réseau diphasé proche du RZD. Dans ce réseau RAC (Réseau Alternatif Complémentaire) les postes de distribution publique alimentant la maille BT sont raccordés en double dérivation sur la MT 12 kV.
Raccordement des réseaux de Paris à l'interconnexion générale qui se développe, avec construction des postes 60kV/12kV de Nation et de Tolbiac.
 
A la nationalisation de 1946, la CPDE est remplacée par le Centre de Distribution de Paris-Électricité (C.D.P.E.)
 
Au début des années 1960, il est décidé la  transition vers une distribution triphasée, qui est devenue la norme des réseaux modernes.
 
A Paris, une structure novatrice globale, prenant en compte les évolutions futures est choisie. Pour effectuer la transition il est décidé de superposer l'ossature du nouveau réseau à la distribution existante, le transfert des charges entre ces deux réseaux pouvant ensuite se faire progressivement, en fonction des contraintes locales.

  • 1963 : le poste EYLAU3, premier poste source triphasé est alimenté en 63 kV et est constitué de deux transformateurs de 50MVA afin d’avoir une garantie en cas d’incident.
  •  1968 : Fin de la distribution en courant continu pour le dernier client (magasins du Printemps) Mais ce réseau était abandonné partout ailleurs depuis une quinzaine d’années.
  •  1978 : La modification de l’organisation en 5 centres de distribution au lieu d’un n’a pas été retenu comme devant entraîner une modification du réseaux,
  • 1983 : Début de l ’évolution des réseaux BT maillés vers une structure radiale. Cette transformation a été achevée en 1999.
  •  1985 : Définition d’une nouvelle structure des postes THT/MT, avec 2 alimentations en 225 kV
  •  2010 : Définition d’un nouveau schéma directeur. Evolution de l’ossature 20 kV vers une structure «en pétale de marguerite» en remplacement de la structure en couronnes concentriques. Le secours des postes THT/MT sera possible à terme par tous les autres postes proches (NB : information à compléter)

Pour la Basse Tension, le principe de maillage est conservé, car les dispositifs de permutation automatiques n’existent pas, le fonctionnement du réseau maillé est bien maîtrisé et donne satisfaction, et son abandon amènerait une importante baisse de la qualité de desserte. Toutefois, dès le départ il est prévu d’alimenter les grosses charges par des postes non maillés.

Go to top