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 La conduction électrique

C’est en amont que Stephen Gray, (1666-1736) teinturier de métier, va faire des expériences d'électrostatique à ses heures perdues et découvrir la conduction électrique !

Il se rend compte par hasard que le bouchon de liège qui ferme un tube de verre électrisé par frottement, est capable d'attirer des objets légers.

Multipliant les essais avec différents matériaux, il conclut que c'est la nature du matériau qui détermine s'il y a ou non « communication électrique ». Il peut aussi affirmer qu'il existe deux catégories de corps, les conducteurs et les isolants.

Grâce à Gray, l'électricité concerne désormais tous les corps et la conduction remplace l'attraction comme propriété fondamentale.

Quelques années plus tard, l'abbé Nolletreprendra les conclusions de Gray dans ses expériences sur le corps humain.

Les expériences électrostatiques du Palais de la Découverte 

Une nuit, dans sa chambre à Charterhouse, il note que le liège au bout de son tube le protégeant de l'humidité et de la poussière génère une force attractive sur des petits morceaux de papier et des brins de paille quand le tube a été frotté. Quand il étend son expérience avec un morceau de bois planté dans le liège la charge est évidente au bout du bois « avec plus de vigueur que le liège ». Il essaye avec des aiguilles plus longues et finalement ajoute un long fil terminé par une balle en ivoire. Dans ce processus il découvre que la vertu électricité peut se déplacer et que la balle d'ivoire attire les objets légers tout comme le tube en verre.

Gray modifie son expérience pour utiliser des fils métalliques en fer et en cuivre ainsi que divers matériaux : bois, végétaux verts et secs, pierre, théière (vide, pleine avec de l'eau chaude, avec de l'eau froide) et découvre que ces matériaux eux aussi conduisent le fluide électrique. Le lendemain il parvient à transmettre l'électricité jusqu'à 25 mètres (la hauteur du balcon de sa chambre). Tous ces essais se sont jusque-là déroulés verticalement pour des raisons probablement pratiques, il essaye à l'horizontal mais sa première tentative échoue. Il conclut correctement que le fluide électrique se dissipe par les supports de son montage.

Il décide alors de tenter des expériences sur une plus grande hauteur, un montage vertical à partir de la coupole de la cathédrale Saint-Paul mais avant cela il va voir son ami Granville Wheler qui possède une grande maison idéale pour ses tests. Après avoir effectué avec succès plusieurs expériences, Wheler suggère un montage horizontal. Gray lui explique son échec. Wheler propose d'utiliser des fils de soie pour suspendre les fils conducteurs. Gray lui répond « Je lui dis que cela fonctionnerait mieux étant donné la finesse du support ainsi il y aurait moins de fluide s'échappant de la ligne de communication ». Pendant les mêmes quelques jours, il visite des amis fortunés (des proches de Flamsteed) et avec leur aide parvient à étendre son expérience sur plus de 250 mètres.

Gray et Wheler découvrent ainsi l'importance d'isoler leurs montages de la terre en utilisant de la soie. Ils notent aussi que le transport du fluide électrique ne semble pas facilité par la gravité en laissant tomber le fil métallique depuis une tour.

De ces expériences naissent une compréhension du rôle joué par les conducteurs et les isolants (nom inventé par John Theophilus Desaguliers). Charles DuFay, un scientifique français, visite Gray et Wheler en 1732, voit l'expérience, et après son retour en France est le premier à formuler une théorie appelée théorie des deux fluides. Elle est utilisée par son associé l'abbé Nollet et s'oppose quelque peu à celle plus tardive de Benjamin Franklin et de son groupe à Philadelphie. Franklin et les expérimentateurs britanniques Beavis et Watson étudient une théorie utilisant un fluide et deux états que Watson nomme +ve et -ve qui finit par prévaloir sur celle de DuFay.

Gray continue à expérimenter, incluant la polarisation électrique d'objets suspendus ; on le crédite souvent de l'expérience du garçon volant - un enfant suspendu par des fils de soie et attirant des brins de paille et autres menus objets avec ses mains. Il a probablement réalisé des années avant Franklin que les éclairs sont dus au même phénomène que le fluide électrique.

Plus d'infos sur le sujet

Rédaction : Jean Michel Berthod
Inspiré du site EDF
Source documentaire

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